BAPTISTIN SPADE
1891-1969

Décorateur - Architecte d'intérieur - Créateur de mobilier
demeure un des grands noms de l’aménagement des paquebots au XXème siècle. Il appartient à la génération formée dans la grande tradition du savoir-faire du mobilier français

Table à plateau rectangulaire à fond de marqueterie formant bordure. Le piétement consiste en quatre fûts à colonne droite, ceints d’un jonc en laiton doré. Les pieds reliés deux à deux reposent sur une base rectangulaire. Ensemble de chaises, à dossier ajouré, formant un X dans sa partie centrale. L’assise présente une couverture en tapisserie d’Aubusson, d’après un carton de Baptistin Spade. Chaque siège repose sur un piétement alliant des pieds antérieurs fuselés et des pieds postérieurs en sabre. Enfilade ouvrant par trois vantaux. La façade est décorée d’une marqueterie géométrique, rehaussée dans la partie centrale du vantail médian, d’un décor floral bordé d’une guirlande stylisée. Les colonnes en ressaut, formant les montants, se prolongent jusqu’au sol par quatre pieds fuselés terminés par des sabots en laiton doré.
Fin années 1940 - début années 1950.

Ensemble bureau. Table de bureau au plateau rectangulaire reposant sur quatre pieds fuselés terminés par un sabot en laiton. Table basse rectangulaire en laque et rehaussée de filets d’or. La large ceinture est ornée d’un jonc en laiton doré. Le plateau repose sur quatre colonnes fuselées disposées en ressaut dans les angles. Chaque pied est protégé par un sabot en laiton doré. Ce détail est récurent dans la production de B.Spade après 1945.

Salon. Table basse à plateau rectangulaire en verre et structure métallique. Ensemble de salon composé d’un canapé et de fauteuils à piétement métallique.
Fin année 1950

Petit salon. Meuble dont la fonction n’est pas connue possède une structure métallique. Il ouvre en façade par un vantail orné de laque et rehaussé d’un décor stylisé à la feuille d’or dans sa partie centrale. Petite table basse circulaire à plateau de verre, reposant sur quatre pieds fuselés terminés par des sabots en laiton doré. Fauteuils à structure métallique. Les pieds courts, en tube métallique peint sont terminés par des sabots en laiton doré. Tapis circulaire à bordure géométrique stylisée d’après un dessin de Baptistin Spade.
Fin année 1950.






En 1910, il s’établit modestement dans le quartier Latin, rue Malebranche (Vème arr.). Son frère cadet, Honoré, le seconde. En 1912, il prend alors la direction de l’entreprise quand son aîné est mobilisé avant de l’être, à son tour, en 1914. Dans cet intervalle, la boutique est transférée dans le très chic XVIème arrondissement. Ce déménagement est la cause première de l’ascension professionnelle des frères Spade, laquelle se manifeste pleinement au début des années 1920. La structure, implantée au n° 80 de la rue de Passy, est fortement active mais petite, concentrée dans une seule pièce principale, servant d’atelier et de magasin. Au fil des baux, nous pouvons constater, mesurant ainsi leurs réussites professionnelles, que la maison « Spade Frères Tapissiers-Décorateurs » loue plusieurs locaux dans le quartier afin d’y établir ses ateliers.

































Baptistin Spade débute sa carrière de décorateur de paquebot en 1935 sur le Normandie. S’il aménage l’appartement du chef mécanicien principal, Baptistin Spade intervient surtout en qualité d’exécutant. Il réalise ainsi une partie des sièges du hall galerie, du fumoir, du grill-room et du grand Salon des 1ères Classes. A la différence des premiers, ces derniers conçus par le décorateur Jean-Maurice Rothschild (1902-1998) le marquent particulièrement. On retrouve cette influence lorsque la Compagnie Générale Transatlantique distingue Baptistin Spade en lui confiant, entre autres, la décoration des trois salons des 1ères Classes du Liberté (1950). C’est l’occasion, pour lui, de renouer avec un certain luxe qui mêle les ors, les panneaux de laque et la tapisserie d’Aubusson. Si les sièges du Grand Salon sont très inspirés de ceux créés par J.-M. Rothschild, ils sont recouverts d’une tapisserie d’Aubusson à motif floral, d’après des cartons créés par B. Spade. Le décorateur a également dessiné les tapisseries des sièges de deux autres salons ainsi que le tapis et les luminaires.
















